jeudi, janvier 21, 2010

Twilight: La Tentation - New Moon

Je ne sais pas si c'est parce que je n'apprend pas de mes erreurs ou par un sens d'abnégation pour ceux qui voudraient savoir de quoi ce livre a l'air mais n'ont pas le courage de le lire mais j'ai attaqué le second bouquin de la série Twilight, j'ai nommé La Tentation. En fait, je sais exactement pourquoi j'ai lu ce livre: ma critique originale est de loin l'article le plus lu de mon blogue et j'ai un plaisir malsain à me faire traiter de tata par les fangirls (et qui sait, peut-être aussi les fanboys) de Meyer. Pour paraphraser Descartes: "Je me fais traiter de tata donc je suis."

Donc, tant qu'a ruiner mes chances d'une relation amoureuse avec ces jeunes filles qui arborent des t-shirts Team Edward ou Team Jacob, je me lance dans cette nouvelle critique de son opus qui relate la vie de Bella, une fille au prises avec un amour fou pour un vampire et des problèmes de co-dépendance gros comme le bras.

L'histoire de ce bouquin se résume comme suit: 19 chapitres de rien suivi de 2 chapitres de pseudo-action et 3 chapitres de wrap-up. Plus précisément, Edward (un vampire centenaire avec un fétiche pour les mineures) décide de quitter Bella (une mineure avec un fétiche pour les cadavres ambulants) quand son "frère" Jasper (autre vampire qui joue le jeu de la famille avec Edward et ses potes) l'attaque suite à un banal accident de coupure sur du papier. Ne voulant plus mettre la vie de Bella en danger et parce que ce serait juste trop compliqué de demander à son "frère" d'aller voir ailleurs s'il peut se retenir d'attaquer sa blonde, Edward et sa pseudo famille s'éparpillent aux quatre vents laissant Bella avec un trou béant dans la poitrine (un trou figuré, pas littéral). Heureusement pour Bella, son ami Jacob (un loup-garou qui... woops! je viens de vendre un punch.) sera là pour la réconforter malgré toute la douleur qu'elle peut ressentir. Cette nouvelle idylle sera perturbée quand Bella apprendra que Edward veut se suicider car il la croit morte par un assemblage de circonstances trop complexes et poches pour être résumés ici. Pourra-t-elle arriver en Italie à temps pour la sauver? Choisira-t-elle Jacob par dessus Edward? Pourra-t-elle trouver de nouveaux superlatifs pour décrire la beauté d'Edward? Et comment ça se fait que Jasper s'énerve de même pour une coupure sur un papier quand il fréquente une école secondaire où on peut supposer que la majorité des filles (y compris Bella) se mettent à saigner plus ou moins abondamment pendant 4-5 jours à tous les mois sans compter les dizaines de coupures de papier propres aux gens qui s'entourent quotidiennement de livres (comme des étudiants au secondaire par exemple)?

Si vous tenez à le savoir: Oui, Non, bin quin, et ne posez pas trop de questions car pour reprendre Nietzsche cette fois-ci: "Quant à celui qui scrute le trou béant dans l'histoire, le trou béant dans l'histoire le scrute à son tour"

Tout d'abord, afin de faire taire ceux qui me disent que tant qu'a n'avoir rien de bon à dire sur Meyer, je devrais fermer ma gueule, je vais commencer par ce que je peux faire de mieux comme compliment à ce livre: il est moins pire que le premier. Meyer a vraisemblablement été assignée à un éditeur qui a su calmer ses envolées de sur-écriture. Elle n'a pas été prise au piège de presque systématique ajouter un adverbe à chaque adjectif ce qui rend la lecture de son livre bien moins pénible.

Ses 2-3 chapitres "d'action" sont eux aussi un peu mieux amenés que dans le premier livre ce qui fait qu'on est un tantinet plus impressionné par les Volturi que par James (le vampire qui est sensé être un méga méchant dans le premier livre mais qui ne vit que l'espace de trois chapitres).

Mais à part de ça, yiiiiche! faut se forcer pour embarquer dans l'histoire. J'avais mentionner dans les commentaires de ma critique de La Fascination que Bella était une garce et on me l'a un peu reproché. Aujourd'hui je peux dire qu'elle gradué l'école des garces avec honneurs et qu'elle pratique maintenant avec brio la carrière d'agace. Une agace qui d'un côté dit à Jacob qu'il ne l'intéresse pas comme chum mais qui d'un autre côté le laisse se promener avec elle main dans la main sur la plage. Qui laisse monter la tension amoureuse allant presque jusqu'à l'embrasser mais en le laissant choir dès qu'elle a une piste pour retrouver son Edward.

Le pire c'est que je peux comprendre où il pourrait y avoir une relation entre Jacob et Bella. Contrairement à sa relation avec Edward, Jacob et Bella ont des activités ensemble, ils se parlent, il rigolent ensemble et celui-ci n'agit pas comme un type qui a un profile de violence conjugal comme Edward. Jusqu'au moment où il décide de le faire bien sûr.

Voyez-vous, quand Bella devine le secret de Jacob, celui-ci l'amène voir ses amis loups-garous et la femme de leur "chef" a complètement été défiguré par celui-ci qui l'a mutilé parce qu'il n'a pas su contrôler sa colère devant elle. Bien sûr tout le monde est plein de remords mais on parle quand même d'un épisode de violence qui a laissé de marques profonde sur la moitié de son corps, pas juste d'une taloche à l'emporte-pièce. Mais apparemment pour Meyer, ce genre de chose est doit être correct car personne n'adresse de reproches au chef de meute. On ne va pas jusqu'à dire "c'est de la faute à fille, elle l'a provoqué" mais c'est tout comme. Dans le fond, on ne saura jamais puisque les circonstances de cet épisode ne sont pas éclaircis. Tiens, je serais curieux de savoir comment le père de Bella réagirais si elle lui annonçait que Jacob lui a foutu une raclée mais qu'il n'a pas fait exprès.

Sinon l'auteure continue sa quête vers la manière la plus hyperbolique de décrire la beauté d'Edward. Mais cette fois-ci ce n'est pas le look d'Edward qui fait que Bella perd les pédales (puisque celui-ci est absent pour la majorité du livre) c'est sa voix qu'elle peine à se rappeler en son absence. Ça me donne un peu peur de lire les deux autres bouquins de la série car après la vue et l'ouïe, je me demande quel sens de Bella sera obnubilé par Edward et j'ai un peu peur que Meyer passe les trois quarts du bouquin à nous rappeler à quel point Edward goûte bon.

Cette fois-ci j'ai compté combien de fois Edward est décrit comme beau (ou comme ayant une voix de velours): 69 fois (sans compter les fois où elle ne fait que décrire les 2001 parties de l'anatomie d'Edward sans émettre d'opinion sur ladite partie). Si on compte 347 pages (moins les 8 premières où on trouve la dédicace et les infos sur le tirage du livre, etc) ça donne quand même une fois au 4,9 page environ (en comptant les 3 pages qui ne contiennent que les noms des mois qui passent en SUPER GROS). Ce n'est pas une mauvaise moyenne sauf que Edward est à l'avant plan seulement des pages 9 à 53 et ne revient qu'à la page 276 pour une présence totale de 113 pages. Donc une mention de 'cute' à chaque page et demie de temps de glace environ. Roméo ne réussit pas à atteindre des stats comme celles-là.

Et tant qu'à parler de Roméo, que dire des commentaires de l'auteure qui se réclame d'avoir recréer Roméo et Juliette à la sauce vampirique. Et on doit le mentionner car elle veut qu'on fasse le parallèle. Edward et Bella écoutent le film de Roméo et Juliette en début de film, Bella fait un travaille sur le livre en classe, elle se demande comment la tragédie se serait joué si Juliette avait été mise dans ses circonstances, bref elle insiste sur son inspiration. Certains diraient que c'est arrogant d'ainsi se comparer à Shakespeare mais devant un tel manque de talent, il serait plus juste de parler de prétention.

Au moins(oui, c'est un au moins sarcastique), Meyer reste sur son message pro religion mais on peut y entrevoir un petit d'honneur à la foi catholique. En gros, Edward se base sur l'argument suivant pour refuser de vampiriser Bella: il ne veut pas détruire son âme. Par contre, malgré toute sa posture pro-âme, il trouve l'idée de se suicider si Bella devait mourir tout à fait normale. Quand on connait la vision de l'Église catholique sur le suicide (pour les non-initiés: c'est franchement mal vu et c'est un des trucs qui promet un aller-simple pour l'enfer) on peut voir que pour Meyer, ce genre de croyance c'est pour les nuls. J'imagine de que c'est plus simple d'accepter que les amérindiens sont une tribu manquante d'Israël, que le paradis est en Iowa, que Jésus est un extra terrestre et que Xenu nous a enfermer sur les volcans de la Terre (excusez-moi, je confonds toujours un peu les mouvements mormons, raëliens et scientologues).

Finalement, pour faire court, je donne un seul ninja à Twilight: La tentation. Ce ninja voit dans ces livres la clé d'un avenir nouveau où des centaines de fans de Meyer voient la violence conjugale comme une norme acceptable plutôt qu'une abomination.

En attendant donc, je vais trancher sur le débât "team Jacob" versus "team Edward" et lancer un "Go Team Bella!" en espérant crier assez fort pour que celle-ci se réveille et se rende compte que son homme est comme un genre un de trou d'cul.

Une dernière remarque avant de partir: ça a valu la peine de lire ce livre car cela m'a permit de lire cette phrase qui m'a fait éclatter de rire qund elle décrit Edward en ces mots à la page 13: "[Edward was] like a marble tribute to some forgotten pagan god of beauty" ( [Édward était] comme une éloge de marbre à quelque dieu païen oublié de la beauté) . J'vous jure, des tournures de phrases comme celle-là, ça ne s'invente pas, ça se régurgite.

3 commentaires:

Anonyme a dit...

Je dois mettre mon grain de sel et dire
Go Team Bella? Really? Elle me tombe tellement sur les nerfs! ;)

Mariko

Jici a dit...

Merci Lucre, Merci, c'est probablement la meilleure critique que j'ai lue de Twitligth. Tu bats même mon idole Steven King.

Anonyme a dit...

Je pense que tu tentendrais bien avec Stephen King

http://www.youtube.com/watch?v=zb72V_4N5ko&feature=related

:)

JC